( 1 mai, 2015 )

Le respect commence par soi.

Comment puis-je exiger que l’on me respecte en piétinant moi-même l’estime que je devrais avoir à mon égard?

Nous attendons tous le respect d’autrui mais ne devrions-nous pas commencer par se respecter soi-même ?

Nombreuses fois, sans même s’en rendre compte, nous sommes maltraitant envers nous-même. Des actions qui ouvrent une porte, et repoussent les limites de l’acceptable aux personnes qui croiseront notre route.

Les autres nous infligent les douleurs que nous les autorisons à nous infliger. Certainement avec inconscience mais de façon tellement réelle. En bafouant la personne que tu es, en oubliant ce que tu représentes, en allant à l’opposé de tes convictions, de tes valeurs et de tes besoins, tu es déjà dans l’irrespect de toi-même.

L’image que tu renvois à ce moment-là est comme le mode d’emploi qui te correspond. Je me maltraite, donc je vous autorise à faire de même.

Et comme une marque d’ironie, face à ces douleurs infligées par les autres, nous leurs rejetons la faute, parce qu’il est inconcevable que nous ayons une part de responsabilité sur la douleur causé par les autres.

Je n’excuse pas les comportements d’irrespect, bien au contraire, je soulève juste l’évidence que vous serez blessé par ceux à qui vous laisserez du pouvoir sur votre vie, votre personne.

L’exemple le plus flagrant d’oubli de soi-même se retrouve dans les relations amoureuses. Dans la peur de perdre l’autre, nous avons tendance à nous perdre nous-même. L’autre prend alors un ascendant sur nous, un pouvoir, une politique de la peur, qui avec notre consentement involontaire fait de nous une marionnette.  Un tiers aura le pouvoir que vous lui donnerez dans votre vie.

Vous entrez dans un cercle vicieux de souffrance et de dépendance à la souffrance que les autres peuvent vous infliger. Cette phrase vous surprend mais analysez donc votre vie: combien de situations douloureuses identiques se sont reproduites? Comme un schéma autodestructeur.

Le respect des autres commence déjà par celui que vous vous porterez. Dans vos actions, soyez en accord avec vous-même, et n’allez plus au-delà de vos limites pour plaire, ou par peur d’être rejeté. Personne n’a le droit de prendre votre contrôle, alors commencez par vous aimer.

Car les souffrances infligées par les autres sont aussi une partie de ce que vous avez laissé entrer dans votre vie. Et en les ruminant des jours, des semaines ou des années, vous seul entretenez cette douleur.

Donnez-vous de l’amour car vous le méritez, parce que vous êtes unique. Le bonheur est en vous et ne dépend pas de ce que l’autre peut vous apporter. Personne ne peut faire la pluie et le beau temps dans votre vie.

Votre équilibre commencera quand vous aurez admis cela.

 

 

( 3 novembre, 2013 )

Dans l’œil de l’objectif

J’ai longtemps été les éclats d’un miroir brisé, une image de moi, maltraitée par la vie et les hommes. L’âme en souffrance, mon corps n’était à mes yeux que le reflet de cette cruauté. Je me suis détestée autrefois quand le regard de mon âme croisait celui de mon corps.

J’ai œuvré à sa destruction, le poussant toujours plus loin dans son agonie et dans l’espoir un jour de le voir disparaître.

Les années ont passé, et j’ai déambulé sur les chemins de la reconstruction. Chacune de ses pierres m’a énormément coûté, certaines de ses batailles à la recherche d’une réconciliation avec ma chair ont laissé des traces indélébiles.

Mon âme marquée au fer rouge, mon corps portant ses cicatrices.

L’œil de l’objectif avait pour but de recoller les débris de ce miroir, que le temps a assombri. Il m’a fallu des années avant de me lancer dans cette fosse à jugements, les hésitations ont été nombreuses.

L’équilibre flouté de mon image acquise durant ces dix dernières années restait bancal et ce risque allait se jouer à double tranchant.

L’artiste a capturé mon âme en images, ce sourire si irréel pour moi, ce visage qui me semblait être si loin de ce que je vois de moi chaque jour dans la glace. J’y ai vu la paix ! Electrochoc qui pose le premier morceau de mon reflet tel qu’il est aujourd’hui en oubliant ce qu’il a été durant des années.

Ces clichés signent le contrat de ma liberté retrouvée quelques semaines avant. Un bonheur que je pensais que personne ne pourrait jamais me reprendre.

J’ai toujours cru que les retours en arrière étaient impossibles, battante à en crever, j’ai vraiment pensé que rien ne viendrait mettre en péril cet accomplissement.

Mon estime de moi a pris du plomb dans l’aile, et mon corps vient à nouveau à rejeter mon âme. J’ai chuté face à l’objectif, le déclencheur de leurs appareils a mis en évidence l’incapacité de panser l’impensable.

( 1 novembre, 2013 )

Le respect commence par soi!

Comment puis-je exiger que l’on me respecte en piétinant moi-même l’estime que je devrais avoir à mon égard?

Nous attendons tous du respect des autres mais ne devrions-nous pas commencer par se respecter soi-même ?

Nombreuses fois nous ne nous rendons même pas compte à quel point nous sommes maltraitant envers nous-même. Des actions qui ouvrent le champ libre et repoussent les limites de l’acceptable aux personnes qui croiseront notre route.

Les autres nous infligent les douleurs que nous les autorisons à nous infliger. Certainement avec inconscience mais de façon tellement réelle. En bafouant la personne que tu es, en oubliant ce que tu représentes, en n’allant à l’opposé de tes convictions, de tes valeurs et de tes besoins, tu es déjà dans l’irrespect de toi-même.

L’image que tu renvois à ce moment-là est comme le mode d’emploi qui te correspond. Je me maltraite, donc je vous autorise à faire de même.

Et comme une marque d’ironie, face à ces douleurs infligées par les autres, nous rejetons la faute sur eux, parce qu’il est presque inconcevable que nous ayons une part de responsabilité.

Je n’excuse pas les comportements d’irrespect, bien au contraire, je soulève juste l’évidence que vous serez blessé par ceux auxquels vous aurez laissé la porte à ce genre de comportement ouverte.

L’exemple le plus flagrant d’oubli de soi-même se retrouve dans les relations amoureuses: dans la peur de perdre l’autre, nous avons tendance à nous perdre nous-même. L’autre prend alors un ascendant sur nous, un pouvoir, une politique de la peur, qui avec notre consentement involontaire fait de nous une marionnette.  Un tiers aura le pouvoir que vous lui donnerez dans votre vie.

Vous entrez dans un cercle vicieux de souffrance et de dépendance à la souffrance que les autres peuvent vous infliger. Cette phrase vous surprend mais analysez dans votre vie: combien de situations douloureuses identiques se sont reproduites? Comme un schéma autodestructeur.

Le respect des autres commence déjà par celui que vous vous porterez. Dans vos actions, soyez en accord avec vous-même, et n’allez plus au-delà de vos limites pour plaire, ou par peur d’être rejeté. Personne n’a le droit de prendre votre contrôle, alors commencez par vous aimer.

Car les souffrances infligées par les autres sont aussi une partie de ce que vous avez laissé entrer dans votre vie. Et en les ruminant des jours, des semaines ou des années, vous seul entretenez seul cette douleur.

Donnez-vous cet amour par des actions qui vous font du bien. Le bien vient de vous et ne dépend pas de ce que l’autre peut vous apporter. Personne ne peut faire la pluie et le beau temps dans votre vie.

Vous êtes unique et vous pouvez vivre en accord avec vous-même et non à travers un tiers. Votre équilibre commencera quand vous aurez admis cela.

 

 

( 30 octobre, 2013 )

Recevoir

Jacques Salomé explique dans l’un de ses livres cette notion de difficulté à recevoir que les gens infirmes de l’affection peuvent avoir :

« Le recevoir peut se vivre avec la peur d’être en dépendance par la dette. Il restimule la culpabilité de « ne pas mériter ». Recevoir est à double tranchant. C’est une ouverture féconde, c’est un risque d’intrusion, de pénétration dans notre univers. Recevoir c’est prendre le risque d’être influencé, donc de changer. »

Accepter de recevoir est pour certaines personnes bien plus dures que de donner. Recevoir c’est accepter aussi que l’autre nous estime suffisamment pour nous faire offrande de son amour. C’est aussi la peur de ne pas réussir à lui rendre un retour équivalent. La peur de ne pas être à la hauteur et de vivre en échec avec soi-même. Une pression et un grain de sable que personne d’autre que vous-même  vous inflige.

A travers ce genre de peur, nous sommes dans l’erreur, donner sans concession n’exige pas de l’autre d’être comme nous. La parole est une attente qui dépossède de leur crédibilité toutes les autres preuves d’affection. Les mots peuvent pourtant si souvent mentir alors que d’autres choses, aussi minimes soient-elles, nous prouvent bien souvent que l’autre nous aime.

Nous avons tous tendance à vouloir savoir, comprendre, un besoin de sécurité qui leurre le temps car l’avenir n’est pas figé et rien n’est jamais acquis.

Accepter de recevoir de l’autre, c’est aussi prendre le risque de nous attacher, et donc de prendre le risque de perdre un jour ce qui nous fait tant de bien. Mais encore une fois c’est une erreur, le bonheur n’est pas sur la durée mais c’est la capacité à capturer ces instants de bien-être.

Toutes relations, et en particulier en amour, doivent se nourrir chaque jour pour continuer à s’épanouir. Chaque rencontre bouscule ce que nous sommes, comment nous vivons, et nous renvoie une image de nous-même.

Plus elle est intime, plus elle révolutionne nos croyances. Celles même qui nous semblaient être une bonne ligne de conduite et qui nous ont souvent servi de protection. Une vérité pour vous, qui n’est pas forcément une réalité pour les autres.

Protection braconnière, rejet de l’autre et du recevoir, par peur d’être soi-même rejeté ensuite.

Chaque individu est différent et chaque manière de donner l’est aussi. Recevoir c’est aussi se donner l’opportunité de vivre de grandes choses, de grandir, et de faire un pas de plus vers une liberté souvent condamnée par notre propre bourreau: nous ! Mais recevoir c’est aussi accepter de s’aimer et qu’on puisse nous aimer tels que nous sommes.

( 29 octobre, 2013 )

Angoisse

L’angoisse, traduction même d’une peur face à une chose dont nous ne pouvons avoir aucun contrôle.

 

Elle surgit avec violence dans notre corps, écrasant notre poitrine, nouant notre estomac et brûlant notre cœur. La douleur se fait si vive que seule la réponse à cette angoisse peut nous soulager.

 

L’angoisse c’est cette variation entre espoir et désillusion, des montagnes russes qui paralysent l’ensemble de notre esprit. Elle persiste jusqu’au lâcher-prise et l’acceptation de se voir déçu.

 

Ce moment-là, signe la tristesse, la résignation plongent l’esprit dans des pensées impensables.

 

Dompter l’angoisse est quasiment impossible et la souffrance vient alors jouer les chefs d’orchestre.

 

Elle met en scène la colère et la frustration, guerrière dans l’âme, je deviens folle de ce manque de maîtrise. Révoltée de danser sur cette mélodie pleine de mélancolie où chacune de mes cicatrices brûle en souvenir d’un passé à peine oublié.

 

Prisonnière d’un corps en mal de vivre, mon âme impacte mes sens comme un appel au secours.

Fièrement dressée,  elle gagnera cette lutte coûte que coûte, à travers le choix de ne plus jamais laisser mes peurs guider ma vie.

( 29 octobre, 2013 )

Dualité

Une femme, un corps, deux esprits pour un seul duel. Dans cette recherche de la liberté, j’ai condamné l’écorchée vive qui m’habite au silence.

L’affaiblissant de bataille en bataille, ma ténacité cramponnée à l’idée que je me fais du bonheur.

 

Armure de verre, à l’alliage de fer qui recouvre mon cœur, je ne laissais plus de place à l’imprévisible, à ses émotions qui auraient pu m’ébranler.

Ma force réside dans ma désinvolture où la résonance de mon humanité devient ma plus grande faiblesse.

 

Dualité entre l’authenticité du cœur et la raison de l’esprit, deux façons tellement différentes de voir la vie, de ressentir l’amour.

Le cœur c’est la passion, tête brûlée comme une gosse qui redécouvre la liberté, celle d’être comprise, celle qui me permet de t’aimer sans pudeur.

Le cœur, c’est donner sans concession, c’est la pureté de ces instants qui n’ont pas de règles, pas de conséquences, juste une réalité pleine de véracité.

 

L’esprit reprend ses droits quand les instants de passions deviennent les braises en attente d’un nouveau feu.

Inondation de doutes et d’angoisses, l’amour par la douleur comme la dernière close d’un pacte avec le diable.

 

La complexité de ce duel se définit dans le tiraillement à accepter le bien que l’autre nous offre, rentrant de façon perverse dans une demande impossible à réaliser pour lui et qui le poussera à me rejeter.

 

L’écorchée vive, ma pire ennemie qui sommeille dans les tranchées de ma guerre, jouit par avance d’une victoire impérieuse.

Alors que les échos de ma liberté retrouvée tentent par tous les moyens de me donner la force de ne pas sombrer dans ses blessures aux saveurs particulièrement familières.

( 28 octobre, 2013 )

La passion

La passion c’est cette déraisonnable envie que l’autre devienne notre drogue absolue. Telle notre marque d’héroïne, chaque instant nous conduit face à une vague d’émotions intenses qui nous berce allant de l’ivresse à cette anxiété douloureuse.

 

L’éclair a traversé mon corps à notre premier regard, insinuant dans le déni la naissance d’un désir ardent. L’ignorance même de ce désir enclenchera un jeu de séduction.

 

Mais lâcher prise prend l’écho immédiat de la perte, celle d’un homme, d’une émotion, d’un poison à la saveur délicieusement mortelle.

 

La raison se perd quand ses bras enveloppent mon corps dans un océan de tendresse, que ses baisers font disjoncter mon esprit.

 

C’est un strike qui fait voler en éclats mon armure de verre, entrouvrant la brèche de mon humanité la plus profonde.

 

Il me redonne de l’espoir dans son regard, dans sa façon de m’admirer, il me donne de l’amour dans ses manques, dans ses envies, il me comble de désir dans ses caresses, dans sa douceur.

 

J’ai cette impression qu’il voit à travers moi comme je vois à travers lui. Les mots sont des tentatives pour me rassurer ou pour être rejetée mais ne représentent en rien notre partage.

 

Dans le silence, un regard, un sourire, nos corps qui se lient, nos énergies fusionnent et nos âmes s’apaisent. La paix nous envahit alors que le temps s’arrête.

 

Mais la passion, c’est accepter un jour de devoir y renoncer, car elle ne féconde pas l’amour mais plutôt la souffrance.

 

Indéniablement à échéance ignorée et dans une effroyable douleur, je verrai ce tourbillon de sentiments laisser place à un vide à jamais irremplaçable.

 

Je suis vivante à travers mes émotions, même les plus violentes. Je sais aussi que dans les blessures les plus profondes, la vie continue de se dérouler.

 

Le lendemain où mes larmes auront coulé de son absence, mon cœur saignera encore durant des semaines mais je marcherai, je respirerai et je devrai vivre.

 

Le bonheur que j’aurai vécu, sera capturé à jamais et entendez bien qu’il n’y a pas de prix ou d’équivalence à connaître un jour la passion.

 

Elle me rappelle à quel point je ne suis qu’une humaine, et pourquoi j’ai un jour été appelée LILOU.

 

( 9 octobre, 2013 )

Libre

Ces 15 dernières années j’ai souvent pris ma plume dans la souffrance, le combat et la lutte contre moi-même.

J’ai vécu 10 vies en une seule, j’ai chuté de nombreuses fois, mais je n’ai jamais baissé les bras.

 

Je le clame haut et fort, il y a une vie après la guerre. Et je vous jure qu’elle est belle cette vie-là.

J’ai longtemps cru que je ne connaîtrais pas cette liberté, ce bien-être en moi comme une douce mélodie qui est venue chasser la mélancolie qui ornait mon regard.

 

Je sais aujourd’hui que je suis guérie, mon passé demeurera à jamais en moi mais j’ai appris à vivre avec.

J’ai appris à y retirer les points positifs, même dans cette masse de souffrance, j’ai enfin compris que j’étais seule à décider de mon avenir.

 

J’ai le choix de traîner des boulets aux chevilles toute ma vie, ou d’être libre de penser que mon avenir sera meilleur. Je construis mon futur à travers mes pensées positives.

Je ne regarde plus le passé avec souffrance mais avec fierté car je suis ici, et bel et bien vivante. J’ai souvent pleuré de douleur, aujourd’hui je pleure de joie.

 

Ma liberté a eu un prix, et dans ce combat j’ai aussi beaucoup perdu. Mais j’ai dû faire le deuil de mes erreurs et aussi de ces gens qui ont un jour croisé ma route sans comprendre qui j’étais.

Ceux qui auraient voulu me voir différente, un peu plus dans la norme. Mais je ne rentrerai jamais dans une case car je crois à l’impossible, parce que je suis de celle qui changera ce monde.

Je suis heureuse de vivre, et chaque jour vient confirmer que j’ai bien fait de ne jamais lâcher.

 

Nous avons tous nos fardeaux, nos combats, battez-vous, accrochez-vous à vos rêves et ne renoncez jamais. Se battre pour s’en sortir se fut long et à chaque étape je ne savais pas quand cela finirait.

Et il y a encore quelques semaines, je ne savais pas que je serai enfin libre. Un jour, la porte tombe et la lumière nous envahit. Aujourd’hui, je sais pourquoi je me lève le matin, et la première chose que je fais c’est dire merci.

 

Merci pour tout ce que j’ai, pour toutes les personnes qui m’ont accompagnée ces dernières années, merci à moi pour n’avoir jamais renoncé. Merci de pouvoir voir ce que j’ai, au lieu de ce qui me manque. Le reste viendra par la suite, je vais grandir, apprendre, m’enrichir et donner aux autres.

 

La liberté, c’est le commencement de la vie !

( 9 octobre, 2013 )

La Luxure

La luxure, l’un des péchés capitaux les plus vicieux, celui qui en un mot fait ressortir les six autres…

Il est presque hypocrite de le considérer comme le 7ème de la liste… Jugez par vous-même…

 

Dans cette quête du plaisir, de ce monde presque irréel où le sexe charnel est un code à l’entrée, nos émotions les plus inavouables se retrouvent rapidement mises à nue. A demi-mot, j’ose prononcer mes désirs les plus fous,  à la recherche de ces instants qui viendront bouleverser la jeune femme, la joueuse, la libertine sans limite qui sommeille en moi.

De clic en clic, je cherche un homme qui retiendra mon attention, un homme qui saura faire de mes hormones, une incontrôlable louve, un soir de pleine lune. Le nombre de visites augmente de jours en jours, je lis leurs mots, regarde, observe mais je suis souvent dans cette recherche du plaisir prise d’acédie, un mal de l’âme qui se traduit par l’ennui, en terme plus contemporain, tout simplement éprise de paresse. Mais à la seconde où je sentirai la luxure m’envahir, il déferlera en moi une avalanche des cinq autres vices restant, presque de façon incontrôlable, presque inconsciente, et terriblement perverse…

 

Un clic de trop, et le désir s’immisce de façon silencieuse, un peu tabou à travers quelques mots sur une fiche qui me font échos, ma curiosité est en action, un premier contact plein de désirs, un homme qui sait comment mener la danse. Une danse qui s’annonce pleine de contrastes, fermeté et douceur, une fougue, une assurance à la limite de l’arrogance, mais si déstabilisante. Il veut, il décide, il joue, et je m’incline…

 

Du virtuel au réel, le rendez-vous est pris, les jours, les heures ne sont plus que les préludes d’une rencontre dont je suis incapable à ce moment-là d’en imaginer le voyage.

Arrogante, et orgueilleuse, j’irai même à me vexer, d’un manque d’attention, telle une princesse un peu trop habituée à être courtisée. Tranchant, je subirai une leçon d’humilité. Tempérament de feu, il est dur d’avouer qu’il a le dernier mot, celui d’un homme d’expérience, simple et à qui je n’ai plus rien à apprendre.

 

La nuit est tombée depuis des heures, l’air est encore agréable, je sens en moi différentes émotions qui se livrent des duels sans faille, entre excitation et angoisse, entre désir et fierté, dressé d’être le premier à avoir osé me tenir tête… Un état d’esprit rebelle, comme si la docilité m’était impossible, comme si rien que l’idée d’un homme dominant me rendait insoumise.

Premier contact, son odeur, sa proximité me rend fébrile, barricadée derrière une apparence, une image, comme un bouclier de protection, où je ferai de l’absence de silence une issue de secours. Masquer une timidité est presque essentiel pour la femme rebelle que je suis, trop orgueilleuse pour avouer ouvertement que sa présence, son charisme me déstabilisent.

 

Mais dans cette pièce aux vapeurs humides et chaudes, le silence laisse place à une toute autre forme de communication. Je prends à cet instant toute son assurance et son charisme  comme une vague d’effervescence qui m’envahit de l’intérieur, l’atmosphère s’emplit d’un goût de lubricité brute et sauvage.

Un mélange d’air saturé et d’ondes de désir qui vous feraient tourner la tête, mais le masque tombe à la seconde où ses lèvres viennent titiller les miennes, ses mains assurant la prise à la fois douce et ferme, attirant mon corps contre sa peau ruisselante de sueur.

Prise dans la passion de ses baisers frôlant la perfection du dosage émotionnel qu’il envoi à travers celle-ci, j’en oublierai l’espace-temps qui nous entoure. A ce moment-là,  je le sentis à peine quand il me souleva légèrement et m’accompagna de son bras pour allonger mon corps sur ce revêtement brûlant, me laissant découvrir la beauté et la puissance de son corps au-dessus du mien.

Un baiser fougueux, presque taquin, et ses mains tout comme ses lèvres, redessinent les courbes de ma silhouette, ancrant la pression de ses doigts comme pour m’irradier de désir et affirmer sa résolution à m’assujettir à lui. L’habituelle maîtrise qui m’anime au quotidien tente malgré tout de ne pas sombrer dans une soumission totale, effrayée par le seul fait qu’il puisse avoir tout contrôle sur ma jouissance.

Mais le contact de sa langue douce et humectée qui vient telle une caresse insoutenable frôler mon clitoris, un interrupteur qui ouvre libre court au champ électrique qui traverse mon échine. Plus rien ne peut venir me délivrer, je m’enlise peu à peu dans cette insubordination si jouissive pour le dominateur qu’il est.

 

Je sens au moment où je m’incline un bouquet d’émotions s’échapper de lui comme si, lui aussi, s’autorisait à présent à jouer carte sur table, une façon d’affirmer un peu plus son ascendant sur une partenaire prête à une entière dévotion. Je sens ses mains se glisser sous mes hanches, et d’un coup terriblement viril, me ramener au bord jusqu’à sentir sa verge dure, un afflux de sang qui en dit long sur les heures qui suivront…

 

Je me redresse, assise face à lui, qui se tient debout, je plaque mon visage contre son bas ventre, je hume cette odeur délicieuse de luxure, d’érotisme et de volupté. Envahie de gourmandise, où l’objet de ma convoitise sera ce sexe épais et imposant, qui ne demande qu’à être choyé.  Je goûte, de mes lèvres humidifiées, la saveur de l’excitation bien présente dans ce petit bout de chair. Mais friande, je savoure de ma langue la douceur de ce gland avant de prendre à pleine bouche ces quelques centimètres interminables, un plaisir sans fin.

L’insatiabilité prend tout son sens, le seul mot qui résonne en moi à cet instant, c’est « encore »… Mais quelle perverse gourmandise que d’amener encore à mes lèvres ce sexe, que je prends plaisir à lécher, à déguster, me délectant du délice de mon maître. Une envie de mordre, une envie de maintenir encore plus fort son érection, comme un souhait soudain de maîtriser l’indomptable… Une illusion bien irréelle !

 

Dans cette ivresse, un besoin de se reprendre, une pause, une douche, quel que soit le moyen, mais un besoin de retrouver un semblant de raison…

 

Sous la douche, je l’observe, calme et imperturbable, c’en est presque rageant, comme une provocation ultime. Nous arpentons les couloirs tamisés, déserts et étrangement silencieux, je l’entraîne dans cette salle pleine de miroir, repérée quelques minutes après notre arrivée.

Je veux jouer, je veux le voir sous des angles différents, je veux érotiser notre image, assumer pleinement ce moment de volupté qui rend cette rencontre exceptionnelle. A peine le temps de me dire que j’ai repris mes esprits, que sa fougue, et son savoir-faire indiscutable me dressent déjà des milliers de frissons. Sentir ses doigts me pénétrer, titiller avec douceur toute mon anatomie me rend déraisonnable, éveille un puissant désir de le sentir en moi. Des baisers fougueux, alliant douceur et sensualité, quand ses bras me collent à lui et que je le sens me pénétrer de tout son long, c’est sans appel, le plaisir monte dans mes yeux, les sons qui s’échappent trahissent son emprise sur mon corps.

 

A chacun de ses coups de reins, je vois dans son regard espiègle et ce sourire pervers, l’attente des réactions de mon corps, ses mains dans mes cheveux me rendent dingue. Et à chaque seconde où il me remplit de lui, qu’il joue de mon plaisir, mes yeux se ferment, mes mains s’agrippent, la tentative de maîtriser ses assauts répétés et si abominablement bons.

 

Je sens au fond de moi qu’il me faut lâcher-prise, lui remettre entièrement le passe-droit de mon intimité, laisser mon esprit s’aventurer dans cette ivresse, et quand j’arrive enfin à bout de souffle de lutte contre moi-même, le plaisir envahit chaque centimètre de ma paroi intime. Je sens se resserrer mon vagin autour de sa verge déjà bien gonflée d’une libido sans faille.

Une de ses mains resserrant ma gorge, je le supplierais presque d’accélérer le mouvement, de faire sortir la bestialité en lui. Je suis entièrement soumise, à la merci de son bon vouloir de me faire jouir. Son alliance d’intensité, d’impériosité audacieuse, et de sécurité tendre et rassurante, fait voler en éclats les frontières sexuellement ancrées en moi par codes, ou morale.

 

Le jeu s’étale en longueur, il me prend à me faire basculer dans une jouissance extrême, puis se retire, le regard conquérant. Je dis souvent que le désir naît de la frustration, il sait si bien appliquer mon dicton.

Je l’observe, assis le dos appuyé contre le mur, les fesses au bord du matelas donnant sur un espace vide de quelques centimètres. La tentation est trop forte, une envie, un besoin magnétique de sentir son contact, et cette raideur entre ses cuisses qui ne désemplit pas comme une nouvelle invitation à la gourmandise. Je discerne rapidement sur son sexe le goût de ma propre sécrétion, preuve incontestable des émotions que je suis en train de vivre.

 

Je vais venir littéralement le provoquer en m’empalant sans demi-mesure sur son sexe, me délectant de chaque centimètre de son anatomie. L’audace fut sévèrement récompensée par un renversement de situation et si en apparence mon corps au-dessus du sien j’étais tentée de prendre le contrôle, en deux trois coup de reins, des mains autoritaires, un regard vif, je suis vite arrivée à la conclusion que cette bataille était perdue d’avance.

A cet instant et perdue hors du temps, m’abandonnant intégralement à son savoir-faire, à sa maîtrise du plaisir, je découvre des sensations encore inconnues, mais terriblement délicieuses. Une satisfaction grandissante quand j’ai senti sa jouissance arriver, un jet chaud jaillit sur ma peau encore tremblante d’émotions…  Une pression qui retombe laissant place à un apaisement des plus agréables…

 

Une douche de réconfort, je suis presque un peu gênée d’avoir eu autant de plaisir, mais l’ambiance pleine d’humour et de simplicité qui va se créer dans ce bain de bulles, va dissiper mes complexes. Vu de l’extérieur, je suis à des années lumières de cet homme, et à l’intérieur la carapace timidement baissée j’y entrevois un homme complètement différent.

Un homme qui peut comprendre chaque mot de ce que je vis en ce moment, une situation identique dans nos vies respectives. Dans cette fragilité commune, nous partageons le meilleur, sans à priori!

 

Complices, tactiles, sensuels, doux et câlins, dans ce bain chaud, un rien va enflammer les braises restantes d’une première possession, des baisers langoureux qui feront naître au-dessus de mon vagin une nouvelle érection. Luxure, gourmandise ne font plus qu’un et le plaisir reste intact quand je viens littéralement m’assoir sur son sexe, donnant à mon bassin un rythme doux et cruellement frustrant pour mon partenaire, qui va immédiatement réveiller le dominant en lui, me soulevant à deux mains hors de l’eau, me déposant sur la paillasse qui orne le jacuzzi, et commençant un rapport passionné et fougueux.

 

Il ne nous faudra pas longtemps pour sentir en nous monter les spasmes de la jouissance, et refaire couler la semence masculine… Comme une cerise sur un gâteau, un extra formidable…

La soirée touche à sa fin quand cette jeune fille vient m’extraire de mon voyage hors du temps… Mais sur le parking, nous jouons les prolongations câlines et tendres, un magnétisme inexplicable, agréable, encore emplit de l’ivresse de tant d’émotions… Mon seul désir à ce moment-là est de m’endormir dans ses bras, aucun sentiment juste un besoin fondamental d’être rassurée après un si violent lâché-prise. Car sur ce parking, je réalise soudain que si le voyage nous a mené au ciel, la descente risque, elle d’être plus rude.

Il ne dira qu’une phrase, une seule qui signera mon plus sincère regret : « C’est une erreur de débutante ! ». Une phrase qui claque dans mes oreilles comme un coup de fouet. Mais les faits étaient là, si ce soir il ne passait pas la nuit avec moi, c’était pour la simple raison que je n’avais absolument pas prévu.

 

La séparation charnelle a pris la tournure d’une frustration immense et d’un sentiment d’inachevé… mais ce sera l’un sans l’autre que nous regagnerons nos lits respectifs…

 

Le réveil est presque douloureux, prise en otage par une dizaine d’émotions en même temps, moi si sensible et m’interdisant formellement de brider mes émois, j’en suis déstabilisée. Je ressens de l’excitation parce que quel que soit le reste de ces émotions parasites, rien qu’à l’idée en fermant les yeux de le sentir en moi, m’emplir encore de sa possession comme une douce torture qui éveille mes sens. Viennent se mêler à cela, l’angoisse, la peur, presque une honte d’avoir pris du plaisir dans une soumission la plus totale. Une peur presque irrationnelle, une dépendance incompréhensible à une émotion, à un homme que je connais à peine. Une emprise dans ce jeu de domination/soumission qui étrangement va créer chez moi une peur effroyable de ne plus jamais revivre des émotions aussi intenses.

 

Le bouleversement crée une perte de repères, un éclatement des codes de moralité qui m’avaient été inculqués et qui dans cette exaltation de la perversité, vient repousser toutes les limites encore imaginables la veille.

Mais étrangement durant deux jours, le sentiment qui va dominer tous les autres sera la colère.

 

Une colère que je ne vais pas bien comprendre sur le moment, qu’il va être dur d’en avouer les causes. En colère, contre moi-même d’avoir perdu le contrôle de mes émotions, de l’image que cela donne. Colère de s’avouer que je n’ai pas juste aimé, j’ai exalté ce moment-là.

En colère de m’apercevoir que j’en voulais encore, car bien trop fière pour le dire ouvertement. En colère aussi contre lui, d’être toujours aussi doux, respectueux, gentil mais complètement imperméable à ses émotions.  En colère, d’avoir perdu mes moyens dans ce lâcher-prise, l’impression de ne pas avoir été assez femme. Presque un peu déçue de moi, et une folle envie d’être au top, encore plus joueuse, plus perverse, devenir le temps d’une nuit sa petite salope.

Se sont mêlés à cette colère, une envie presque égoïste de vouloir revivre ces émotions, ce lâcher-prise. Si j’avais laissé parler la capricieuse en moi, je serais devenue avare de ces moments si exceptionnels.  Il en est de la luxure comme de l’avarice: elle augmente sa soif par l’acquisition des trésors.

Douce capricieuse n’est jamais très loin, réfléchie et adulte, je tais les rebellions d’une face déraisonnable de mon être. J’apprends pour la première fois le mot « patience ». Mais si Monsieur savait que durant ces quelques jours, j’aurais vendu mon âme au diable pour le garder pour moi. Avare de ses baisers, de cette façon de faire basculer mon désir le plus inavouable.

Je finirai par mettre en avant la définition de l’envie, le dernier péché que je n’ai pas encore cité : « l’envie est un désir qui échappe à la raison », une jolie façon de résumer ce qui a été déclenché chez moi. Cette rencontre, cette luxure, le temps d’une minute vient opérer en moi une transformation presque animale… Une louve qui voudrait assouvir ses plus bas instincts.

Une envie comme un besoin vital, une envie comme une toxicomane qui goûte à la drogue pour la première fois, cette sensation d’une effervescence dans mes veines qui me brûle tant le manque est douloureux. L’envie brise en vous le contrôle de soi, comme si son emprise avait été au-delà du corps, comme un venin qui avait pris possession de mon esprit. Le temps qui s’écoulera avant une nouvelle rencontre va me paraître interminable…

L’impatience est la marque distinctive de la luxure.

En définitive et de façon indiscutable, le péché qui fusionne un à un des autres reste cette délicieuse et perverse luxure… Plaisir gourmand qui ne voit de fin qu’à la limite de notre propre imagination et dans l’acceptation de vivre pleinement l’ébranlement et le cataclysme de nos repères fondamentaux. Quand j’ai enfin dis « oui » à la luxure sans tabou et sans complexe, j’ai aussi dit « oui » à un plaisir inégalable… J’ai trouvé en mon dominant, mon El Diablo !!! Et si être perverse et chienne, conduit sur des chemins aussi diaboliquement bon, je signe et je valide mes actes…

A mon diablotin qui a fait de moi une femme pervertie, soumise et ravie de l’être…

 

 

 

 

 

( 9 octobre, 2013 )

Ma pire ennemie

Journée pleine de colère, de tristesse, un désespoir qui me ronge.

Une lutte contre moi-même partagée entre l’envie de me dépasser comme j’ai si souvent réussi à le faire ou poser les armes dans un silence mortel.

 

Voilà presque deux ans que je n’avais pas subi de crises, pas écrit de mots aussi durs, pas exprimé une envie de mourir comme aujourd’hui.

Au volant de ma voiture, j’hésite quelques secondes à me jeter contre un mur. Je ne peux pas avoir fait tout ce chemin-là pour en être réduite à vouloir mourir, je suis folle de rage.

 

En colère contre la terre entière, une colère égoïste j’en suis bien consciente, mais trop d’années à se construire, trop de temps à me surpasser ont fait de moi une intolérante à la douleur.

Hypersensibilité, lâcher-prise inexistant, insécurité constante, qui se lie de façon déconcertante à un duel entre  une envie d’être seule, terrée au fond de mon lit et la panique complète d’être abandonnée de tous.

Et ce qui me fait autant « paniquer » comme je le dis si bien, c’est de me rendre compte que si je n’avais plus les gens que j’aime, je n’aurais pu de raison de me battre.

Je ne le fais pas pour moi et c’est peut-être ça mon tort. Je ne m’aime pas suffisamment pour trouver l’énergie de me surpasser, alors que quand c’est pour la fierté des gens que j’aime, j’ai souvent su déplacer des montagnes.

 

Au final, rien de bon, je finis par étouffer les gens que j’aime et me retrouve seule face à moi-même, face au choix de la vie.

Et ce soir j’avoue que je n’ai pas la force de croire que j’y arriverai cette fois-ci. J’ai honte de moi, je me déteste de ne pas être capable d’aimer simplement.

 

J’ai tout pour être heureuse, et je ne me donne même plus les moyens de l’être, autodestructrice, punitive, je suis ma pire ennemie.

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